Comment considérez vous la dynamique de développement durable profonde, entre perméabilité des sols, écosystèmes, agriculture de proximité ?

Le 9 Jan 2014 - Lara - Paris

- Notre réponse -

Le projet développe une approche systémique ambitieuse pour répondre aux enjeux du développement durable. Il prévoit par exemple l’utilisation massive d’énergies renouvelables locales (objectif : 70% des besoins énergétiques couverts), la réutilisation des eaux pluviales, la réduction et la valorisation locale des déchets, la promotion des filières agricoles locales, dans une logique d’économie circulaire. D’ailleurs, l’innovation sera systématiquement mise au service de cette démarche.

Sur 780 ha de projet, 210 ha seront imperméabilisés pour construire le quartier d’affaires et de loisirs. L’activité agricole sera maintenue sur un périmètre de 400 ha, dont la lisière avec le quartier urbain offre un espace de réflexion pour le développement d’une agriculture de proximité sur une vingtaine d’hectares.  Enfin, le réseaux des parcs urbains prévu au projet permettra d’assurer les circulations animales et végétales identifiées lors d’un inventaire faunistique et floristique réalisé sur toute l’année 2012. Conçu dans le respect de la topographie du site, ce réseau de parcs servira également de support pour la gestion des eaux de pluie, dont l’écoulement de l’amont vers l’aval s’effectuera à ciel ouvert, offrant en sus un agrément pour l’espace public urbain.


Actuellement les sols végétalisés rendent de nombreux services aux habitants riverains du Triangle de Gonesse mais aussi aux activités. En bétonnant ces sols végétalisés, ces services disparaitront et la collectivité sera définitivement perdante : ne peut-on pas éviter cette perte de chance ? Voici la motivation de ma question. Les services rendus par les sols de Val-de-France et de Roissy-Porte-de-France à l’air, à l’eau, au climat. La concentration sur ce territoire de très nombreux moyens de transport, de très nombreuses entreprises et d’un habitat très dense n’est vivable que grâce aux services que les sols végétalisés continuent de fournir pour l’air, l’eau, le climat, l’amortissement des intempéries et, donc, pour la santé et la qualité de vie des habitants ainsi que pour les conditions de travail en périphérie des terres agricoles. QUALITÉ DE L’AIR : La plus forte concentration de transports en Europe et les sources de pollution qui vont avec. Prenons l’exemple du Triangle de Gonesse. Il est délimité : – au nord par l’aéroport de Roissy CDG, le premier en Europe par le nombre de ses mouvements d’avions qui consomment 6.700.000.000 de litres de kérosène, auxquels il faut ajouter les millions de litres de gazole des apports et des emports des marchandises et des personnes, à plus de 90% par voie routière et motorisation Diesel, – à l’est par l’autoroute A1, le plus fort trafic routier européen, encore accru par l’autoroute A3, la route nationale 2, – au sud par l’aéroport du Bourget, – au nord et au sud par la Francilienne (A104). Ce qui reste de terres agricoles est totalement enserré dans des zones urbaines et d’activités très denses En suivant les aiguilles d’une montre, à partir du nord : – la plate-forme aéroportuaire de Roissy et ses 800 entreprises, – la zone d’activités de Paris Nord 2, la zone industrielle d’Aulnay (PSA), le Centre Commercial Parisnord, Garonor, – la zone des Tulipes (récemment gagnée sur la pointe sud du Triangle de Gonesse), la zone d’activités du Bourget, -le parc d’activités de la Grande Couture, la zone d’activités du Thillay, la zone d’activités du Moulin à Roissy. Des populations denses et jeunes habitent tout autour à Aulnay, au Blanc-Mesnil, à Garges-lès-Gonesse, à Gonesse, à Goussainville. Toutes ces activités, les personnes qui y travaillent, mais aussi les populations autour du Triangle de Gonesse bénéficient, grâce à l’espace des terres végétalisées, de la dilution et même de l’absorption partielle des particules et des polluants : microparticules, oxydes d’azote, hydrocarbures, etc. RÉGULATION DE L’EAU : alimenter les activités et les personnes, les protéger des inondations. La structure du sol, très poreuse à l‘eau et à l’air, permet d’éponger les précipitations. La couverture végétale, qui maintient ce sol, lui permet de donner à la pluie le temps pour d’alimenter la nappe, mais surtout de prévenir les inondations qui se produiraient plus fortement et plus souvent si ce sol était imperméabilisé. LIMITATION DES CANICULES : 3 fonctions combinées pour rafraîchir l’air. Par très fortes chaleurs, les sols végétalisés et humides combinent trois services naturels pour limiter la montée des températures et prévenir la mortalité de canicule : 1° Les végétaux renvoient plus de chaleur et le sol en absorbe moins que s’il était couvert d’un enrobé ou de constructions, c’est l’effet de « l’albédo », le pouvoir réfléchissant de la surface, 2° Les végétaux transpirent et, ce faisant (comme nous) se rafraichissent puisque l’évaporation de l’eau est « endothermique » c’est-à-dire qu’elle fait du froid. C’est l’effet de l’évapotranspiration. 3° Les espaces de sols végétalisés renvoient plus d’air chaud dans la journée car ils réfléchissent plus les rayons du soleil et créent ainsi des courants ascendants, ce qui, le jour, entraîne l’air pollué et surchauffé des zones d’activités et d’habitations vers cette « pompe ». À l’inverse, la nuit les sols végétalisés, plus froids, envoient leur air plus frais, plus dense, vers les zones artificialisées où la chaleur s’est accumulée et provoque l’ascension de l’air chaud : c’est la brise thermique du soir. Les cartes de surmortalité de canicule le montrent bien : on meurt d’autant plus que l’on habite loin d’une forêt ou d’une grande zone végétalisée. Les sols végétalisés du Triangle de Gonesse rendent actuellement de nombreux services irremplaçables et gratuits à préserver.

Le 18 Juin 2015 - Jean-Claude Marcus - Ecouen