Combien y a-t-il de surface agricole aujourd’hui sur le Triangle de Gonesse et combien y en aura-t-il après la réalisation du quartier du projet ? Autrement dit combien d’hectares aujourd’hui agricoles vont changer d’usage ?

Le 30 Mar 2015 - Agri - Paris

- Notre réponse -

Le projet du Triangle fait référence à deux secteurs identifiables : le cœur Triangle qui correspond à une urbanisation de 280 ha et le carré agricole qui préserve 400 ha de terres à vocation agricole.

L’emprise urbanisée comprend : le futur quartier d’affaires, EuropaCity, un parc paysager, la gare du Grand Paris.

L’objectif est non seulement de garantir des conditions d’exploitation pérennes mais de maintenir leur intégrité.

À ce carré agricole de 400 ha, s’ajoute, dans le quartier d’affaires, un parc paysager de 70 ha qui pourra accueillir des activités agricoles complémentaires (comme des pépinières, par exemple).


La ville de Gonesse dispose de délaissés, friches industrielles, logistiques, commerciales importants. Et la ville voisine d’Aulnay encore plus. Ne peut-on pas sauvegarder la totalité des excellents néoluvisols qui sont le patrimoine naturel du triangle de Gonesse ? Voici la motivation de ma question. Le sol de la Plaine de France : un patrimoine à préserver ABSOLUMENT. La Plaine de France est recouverte d’une épaisse couche de limon de plateau qui s’est déposée en marge de la dernière glaciation (de –75000 à –12000 ans). 65000 ans d’érosion glaciaire pour broyer les roches en particules et de vents pour les transporter jusqu’en Ile-de-France. Cette couverture limoneuse peut atteindre l’épaisseur de 6 mètres, mais elle fait plus généralement 2 mètres dans la Plaine de France. Le dépôt est non renouvelable du fait de la disparition des conditions révolues. Aujourd’hui le Sahara nous envoie bien, lors des grandes chaleurs remontant du Sud, un film ténu de poussière limoneuse ocre, qui se voit bien sur les voitures. Ce sont des particules déjà colorées donc altérées, de moindre intérêt pour la fertilité de nos sols. Quelle durée faudrait-il pour faire cette couverture ? Depuis 12.000 ans, ce dépôt soumis à un climat tempéré et à une activité biologique favorable a évolué lentement en un sol d’un mètre d’épaisseur maintenant … Sur presque toute la surface du « Triangle de Gonesse », ce sol limoneux, appelé « brun lessivé » ou « Néoluvisol » par les spécialistes des sols, forme une couche d’environ un mètre d’épaisseur, de teinte brune, assez homogène, non calcaire, de granulométrie limono-peu-argileuse en surface, devenant limono-argileuse en profondeur, non-compacte, très bien structurée et très poreuse à l‘eau et à l’air, donc très favorable à la vie de la faune et de la flore, « la biodiversité du sol ». C’est un sol idéal pour l’agriculture Offrant aux plantes une excellente réserve en eau, ce sol de la Plaine de France porte une culture florissante sans besoin de drainage artificiel ou d’irrigation. Ses productions généreuses ont donné des surplus agricoles qui ont permis le développement des activités artisanales, industrielles, commerciales autour de Paris et l’approvisionnement de la capitale… Activités qui rongent maintenant leur propre terre nourricière. Ce sol, très fertile, est une rareté à l’échelle de la planète Terre … Ces sols limoneux, qui couvrent une surface assez faible en France et minuscule à l’échelle du globe, rendent de très nombreux services, en plus de leurs productions agricoles, aux habitants riverains et aux activités du territoire pour la prévention des pics de pollution, des îlots de chaleur, des inondations, etc. En moins d’un siècle l’extension tentaculaire du Grand Paris a fortement supprimé ce capital sol, comme on le voit sur le Triangle de Gonesse entre les aéroports du Bourget et de Roissy-CDG. La destruction des meilleurs sols agricoles du pays est une dilapidation du patrimoine national, européen, voire mondial, sous l’effet de politiques et de spéculations à très court terme sur ces terrains soumis à la pression urbaine, alors que l’histoire de la Terre et du Climat nous a apporté ces sols exceptionnels, lentement constitués et non renouvelables à l’échelle de la vie humaine : un patrimoine à préserver IMPÉRATIVEMENT

Le 18 Juin 2015 - Jean-Claude Marcus avec Michel Isambert - Ecouen

Pourquoi détruire l’agriculture en Île-de-France ?

Le 30 Mar 2015 - Raphaël - Paris